Le Japon : l’art de vivre le Spa (comme je l'ai vécu à Odaiba...) - Boostez votre business avec Spaboosting

Le Japon : l’art de vivre le Spa (comme je l’ai vécu à Odaiba…)

Expérience client / 03.07.20170 commentaires

Je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous mon expérience du spa au Japon, spécialement celle vécue ce dimanche au Onsen d’Odaiba. Au Japon, le terme de Spa désigne originellement les onsen ou sources chaudes, particulièrement nombreuses, en raison de la situation volcanique exceptionnelle de ce pays. Le onsen est donc ancré dans la nature même du Japonais (et de la japonaise) pour qui l’eau revêt un caractère purificateur séculaire tout en étant devenu un véritable art de vivre à expérimenter en famille dans un contexte parfois déconcertant pour les européens….

Spa managers, spa praticiennes, amateurs de spa…je vous invite à découvrir une autre façon de vivre le spa.

Le Spa à la japonaise, c’est quoi?

Un onsen est un ensemble d’installations intérieures et extérieures de différentes températures, construites sur une source d’eau chaude donnée. Particularité : il y a une partie hommes et une partie femmes car on se baigne nu, après avoir pris au préalable une douche (eh oui, on ne se lave pas dans le onsen…)  Ces installations se retrouvent partout dans le pays, les japonais y vont au moins une fois par semaine pour se reposer, se ressourcer et, plus « asiatiquement » parlant, pour se purifier …. Le Onsen d’Odaiba est à la base un onsen de cette nature mais la modernité japonaise s’est abattue dessus et selon moi, il reflète parfaitement la vision séculaire du spa pour le japonais sous un emballage de modernité à l’image de la société japonaise d’aujourd’hui.

Après une heure de route au départ de la Tokyo, nous arrivons au pied d’un grand bâtiment sans charme derrière lequel impossible d’imaginer ce que je vais trouver derrière… Première étape, comme partout au Japon, se déchausser, ranger ses chaussures dans les casiers dédiés et… faire la queue en attendant l’ouverture des portes. A 11h nous pouvons enfin rentrer : je reçois un bracelet électronique sur lequel seront chargées toutes les dépenses de la journée. Je choisis mon yukata (peignoir en forme de kimono) de la journée (5 motifs disponibles), le obi associé (également 5 couleurs) et départ pour les vestiaires pour se changer. (Magnifique Vague d’Hokusai dessus 🙂 Nous gardons juste nos sous-vêtements et un kimono et un nœud de obi plus tard (ne pas hésiter à de demander de l’aide à sa voisine (…un petit Sumimasen et vous serez tout de suite comprise…)), pieds nus et juste équipés de nos téléphones portables (qu’on glisse discrètement dans la manche du kimono, spécialement cousue à cette fin (fonctionnel comme tout au Japon…)

 

    

 

Ensuite je rejoins ce que je pense être le Onsen mais en fait je rentre dans une immense salle au decorum tout japonais (temples, personnes de Manga en statues cartons grandeur nature, espaces où on mange à même le sol, stands de nourriture asiatiques, jeux pour les enfants….. Il y a tout un esprit fête foraine qui flotte ici. Particularité : pas de signe distinctif puisque nous sommes tous en kimonos….

 

  

 

Cette gigantesque salle distribue trois lieux stratégiques : le onsen en lui-même le bassin -promenade pour les pieds et la partie soins visages et soins corps (massages, massages de la lymphe, réflexologie….) La réflexologie plantaire j’ai testé cette semaine et j’ai eu mal, mais j’ai appris que même les Japonais ont mal, il parait que ça veut dire que quelque chose ne va pas dans notre ki, l’énergie vitale qui circule en nous et c’est bien pour ça que la réflexologie est utile…  Le soin visage j’ai également testé et je re-teste la semaine prochaine donc pas pour l’instant. Je réserve donc un massage d’une heure et 10 mn de massage lymphatique des pieds pour 15h. J’ai hâte. Mon voyage au pays du spa version Odaiba commence ici….

 

Etape 1: le Onsen, entre détente et discussions conviviales

Le passage par le onsen (après quelques jeux, passage obligé pour mon hôte qui a une petite fille de 7 ans) est très ritualisé : on se dévêt complètement (c‘est pour cette raison je pense qu’on voit peu d’occidentaux dans les onsens, cet aspect culturel est encore très fort), douche rapide obligatoire puis passage d’un bassin à l’autre, à différentes températures, au gré de ses envies. Un bassin central d’eau froide permet de venir se refroidir de temps en temps car les eaux sont globalement chaudes voire très chaudes. A l’extérieur, les bassins creusés dans le sol, de formes irrégulières (à l’intérieur tout est carré ou rectangulaire) et la végétation haute donnent l’impression de se retrouver dans un jardin tropical.

Certaines japonaises se relaxent allongées dans l’eau les yeux fermées, d’autres jouent avec les enfants, certaines discutent entre copines sur un banc au milieu des bassins…. On sent vraiment que le rituel du onsen fait partie du quotidien ou tout du moins de « l’hebdomadaire » des Japonais. L’eau est un élément délassant mais aussi perçu comme purifiant et thérapeutique chez une population amenée à vivre de plus en plus âgée. Peu d’installations, juste deux bains jacuzzis avec  « grosses » ou « petites » bulles, un sauna au sel d’Himalaya et quelques tables de gommage côte à côte, isolées par un simple rideau où des praticiennes s’activent sur des clientes ayant choisi cette prestation. Nous en profitons deux bonnes heures… Avant le retour aux vestiaires, douches obligatoires dans des petites alcôves partiellement individualisées, shampoing, après-shampoing et savon pour le corps de marque et mis à disposition en grands formats (une évidence au Japon). Puis nous retournons nous rhabiller  dans un joyeux remue-ménage où chacune s’active pour remettre son kimono avant de continuer sa journée. Bien entendu aucune japonaise ne sortirait du vestiaire sans avoir pris soin de sa peau et de sa remise en beauté, des petites coiffeuses individualisées identiques à ce qu’on trouverait chez nous dans des spas d’hôtels 5* ou Palace les attendent donc avec lotion tonique, crème hydratante, lait corps, cotons tiges…. Dans un stérilisateur des brosses à cheveux en plastique sont bien rangées, libre à chacun de se servir puis de la mettre dans un bac de recyclage pour re-stérilisation et ré-utilisation…

Par rapport à la France, on est sur une approche très « démocratique » du spa où les services en vestiaire qui pour nous relèvent du haut de gamme voire du luxe sont ici accessibles. Cela peut illustrer l’incompréhension des Japonais à leur venue en France dans nos établissements et leurs attentes en terme de service…

Etape 2 : le Bain de Pieds, parce qu’il faut souffrir pour aller mieux…

Nous passons sans transition de cette ambiance relaxante à l’ambiance très animée des restaurants d’Odaiba (toujours en kimono !) où, après avoir déjeuné en regardant un spectacle de diabolo et de jonglage (au Japon, le côté suranné challenge parfois le tout technologique 😊), nous profitons du bain de pieds. Là aussi, un grand jardin extérieur au centre duquel a été creusée une travée de 30cm de profondeur et 1m50 de large environ pour 200m de long en courbes nous attend.

  

 

Nous y mettons nos pieds dans l’eau et comme tous les Japonais, nous suivons ce véritable « chemin de croix » : en effet, sous nos pied alternent galets grossiers, agréables, et petits galets saillants bien douloureux et bien espacés pour vraiment créer du relief. Tout le monde a mal et le dit en riant… mais tout le monde avance jusqu’au bout… Surprenant ! Mais finalement assez cohérent avec ce que j’ai expérimenté sur la réflexologie plantaire. On accepte donc assez bien la douleur dès lors qu’elle permet d’atteindre un état physique (et donc mental puisque les deux sont intimement liés) meilleur…. C’est un enseignement important pour bien comprendre l’état d’esprit des Japonaises à qui les marques françaises ambitionnent de vendre du soin. Ensuite, pour ceux que ça tente, séance de fish spa collective, où encore une fois assis serrés autour d’un bassin rempli de « mangeurs de peaux » (les garra rufa) les Japonais s’amusent de leurs sensations tout en persistant jusqu’à la fin de la séance…. Là aussi ambiance jardin tropical pour une installation, le « bain de pieds » géant (si je peux l’appeler ainsi) systématiquement associée au spa au Japon.

J’avoue que pour ma part, je suis rapidement sortie du chemin, pas encore prête à endurer cela, je suis encore trop attachée à l’image douillette du spa… (Et là je re-pense à cette couette fabuleuse dans laquelle je me suis glissée lors de mon dernier massage dans un spa en France, au Ritz Club Paris et là je me dis que vraiment, je ne suis pas prête à devenir japonaise…) Mais surtout, je me dis que dans notre prise en charge de spa et dans la vision du soin que nous avons, nous offrons une dimension cocooning et individualisée « à la française » (cf. mon expérience massage ci-dessous) qui peut être une belle expérience à découvrir pour cette population habituée au spa mais pas à ce type de prise en charge.

Etape 3 : le massage, une expérience surprenante

Je me présente à l’entrée de la partie « Soins », identique à ce qu’on trouve chez nous, quelques minutes avant 15h. A l’heure prévue, je suis prise en charge par une praticienne qui me fait entrer dans une immense salle avec une trentaine de lits bas type lits de camps (je vous rassure, ce sont finalement de vraies tables de massage)  où d’autres personnes se font déjà masser. Les masseurs hommes pour les clients hommes, les masseuses femmes pour les clientes femmes. L’espace d’un instant, je me revois à l’arrivée du Marathon du Mont Blanc il y a quelques années, sur le point de rentrer dans la tente où les kinésithérapeutes enchaînent les massages de récupération sur les jambes des coureurs tout juste arrivés… Et je n’exagère pas ! La musique relaxante est couverte par le bruit des animations (un mélange de zumba-claquettes drivé par un japonais déchaîné…). Ambiance…

 

     

 

La praticienne me fait assoir, m’aide à enlever le yukata mais je garde les sous-vêtements. L’expérience est a priori surprenante compte tenu du contexte de prise en charge mais ensuite, la qualité de la pression (trop forte même pour la plupart des occidentaux) et notamment la précision des gestes sur les groupes musculaires travaillés font oublier tout le reste. En tant que française, j’ai plus l’impression d’être chez l’ostéopathe en un peu plus « lié » qu’au spa, en termes de ressenti d’expérience, mais le résultat est là. Le massage lymphatique des pieds est rythmé et enlevé, j’ai l’impression que ce massage n’en finit jamais, à mon grand bonheur… Et bien sûr, je n’entends plus le japonais « zumbeur-danseur de claquettes » qui pourtant s’est époumoné pendant une heure…. Le réveil est difficile, surtout avec la prise en charge « client » à la japonaise telle qu’on la connaît, dans l’empathie et le sourire.

 

Mon voyage à Odaiba se termine ainsi : voyage au cœur de la culture japonaise, de sa tradition du spa et de son omniprésence au cœur de la vie des Japonais. Intéressant de mieux comprendre cette approche du bien-être qui ne passe pas par une prise en charge individualisée et cocooning comme en France et qui peut donner des idées, de part et d’autre de chacune de ces cultures « spa ».

 

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